Séance Publique - Débat Publique - Réunion Publique - Hauts-de-Seine
Mercredi 03 décembre 2008

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

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Le conseil général

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LES SÉANCES PUBLIQUES

Discours de Nicolas SARKOZY
Ministre d'Etat, de l'économie, des finances et de l'industrie
Président du conseil général des Hauts de Seine


Débat public - Pôle Léonard de Vinci
Lundi 8 novembre 2004

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi avant toute chose de remercier monsieur Christophe MIRMAND pour la qualité et la clarté de son exposé. Vous aviez souhaité une présentation complète et méthodique de la situation, je pense que vous avez maintenant tous les éléments en main.

Vous avez demandé ce débat, je l'ai voulu. Je m'y suis engagé devant le conseil d'administration de l'association Léonard de Vinci le 19 juillet 2004. Il est temps, en effet, d'apaiser ce débat, un débat qui pèse sur le Conseil général mais plus encore sur les élèves du Pôle qui sont régulièrement pointés du doigt.

De vos interventions et de cette présentation, je tire plusieurs conclusions :

- La première, chacun en conviendra, le Pôle Léonard de Vinci représente un coût non négligeable  pour le département. Par étudiant, nous consacrons plus de 6 500 euros par an ; alors même que le coût d'un étudiant dans l'enseignement supérieur est de l'ordre de 8 500 euros par an. La question n'est pas celle du coût mais de la légitimité de sa prise en charge par le département.

- Ma deuxième conclusion est que le plan initial de financement n'a pas été respecté. D'une part, les entreprises ne se sont pas investies. D'autre part, le département a pris en charge les frais de scolarité des étudiants alto-séquanais.

- Mon troisième constat est que les relations avec l'Education nationale et les Universités se sont améliorées. Elles ne sont pas encore banalisées. Et je ne doute pas que l'absence d'information précise sur le devenir des étudiants soit une source d'incompréhension.

- Une quatrième conclusion s'impose : les relations entre le Pôle et le Département méritent d'être clarifiées, que ce soient les objectifs, les financements ou les modes de contrôle, nous devons fixer des règles. Et dans ce domaine, nous avons autant à travailler au sein du Conseil général qu'au sein du Pôle.

Pour autant, il est clair que personne ne souhaite la disparition de ce Pôle. Beaucoup d'entre vous ont reconnu qu'il est une chance formidable pour ces élèves dont beaucoup n'auraient pas été admis dans une Université ou une grande école. Beaucoup de familles témoignent de leur satisfaction et il faut reconnaître que les résultats pédagogiques ne sont pas aussi catastrophiques que certains l'ont laissé entendre. Cette ambition de promotion sociale, celle qui était à l'origine du Pôle, nous devons la conserver.

Et il faut être pragmatique. Nous avons avec le Pôle plus de 55 000 mètres carrés, en plein coeur de la Défense. Le Conseil général peut supporter cette charge financière. Il faut aujourd'hui lui donner une ambition qui dépasse les clivages partisans. Cela n'aurait aucun sens d'affirmer qu'il faut aujourd'hui fermer le Pôle.

Quelles doivent être aujourd'hui nos orientations ?


En matière de fonctionnement, le Directeur général des Services l'a très bien montré, nous devons aller vers plus de clarté.

Je vous propose que chaque année nous votions une enveloppe globale unique qui couvre l'ensemble de notre engagement. Il n'est plus question de multiplier les financements sous des lignes diverses. C'est une source de confusion.

Je crois, par ailleurs, indispensable que le Pôle ait plus d'assurance dans le temps quant à notre engagement. Nous pourrions donc contractualiser sur plusieurs années, par exemple sur trois ans.

Enfin, je vous propose de reprendre la proposition visant à instaurer pour les élèves du département un système de prêts sans intérêt leur permettant de financer ce système. Naturellement, les élèves les plus modestes continueront à bénéficier d'une réfaction de leurs frais de scolarité.

Naturellement, la contractualisation suppose de fixer des engagements et des objectifs en échange de moyens.

Je proposerai par conséquent au président de l'association Léonard de Vinci et au conseil d'administration que chaque année vous soit présenté un bilan complet. Au mois de novembre, le Directeur du Pôle avec le Directeur général des services présenteront le bilan financier et la présentation exhaustive du fonctionnement du Pôle.

Je demande par ailleurs au Directeur général des Services, comme il l'a suggéré, de nommer un référent au sein du Conseil général qui soit chargé de la gestion et du contrôle de nos relations avec le Pôle.

S'agissant des objectifs, je vous propose plusieurs principes que je soumettrai également au conseil d'administration.


Il faut, tout d'abord, que le Pôle ait un objectif pédagogique unique et clair.

Et celui-ci ne peut se résumer à accueillir des écoles qui ont pour seul lien d'offrir une formation plutôt économique. Il peut y avoir des filières. Il ne peut y avoir 10 politiques pédagogiques différentes.

Certains d'entre vous ont souhaité une évaluation précise, par un organisme indépendant. Je vous propose effectivement de l'engager. Nous pourrons ainsi connaître précisément la réussite ou non des écoles gérées par l'association Léonard de Vinci en terme de promotion sociale.

Je vous le disais, je veux que nous conservions cette ambition initiale de Pôle : offrir une chance de réussite à des élèves qui n'ont pas eu la chance de fréquenter les bonnes écoles, dans les bons quartiers.

Je souhaite aussi que l'activité du Pôle soit en parfaite adéquation avec le monde économique qui nous entoure et plus particulièrement l'activité de la Défense. Il ne peut y avoir de projet qui soit totalement déconnecté des besoins et des intérêts des entreprises.

Ceci n'est pas en contradiction avec la proposition, qui me paraît indispensable, de renforcer le corps professoral. Je le demanderai au prochain conseil d'administration.

Enfin, il est temps de mettre un terme à l'opposition existante entre l'Education nationale au sens large et le Pôle Léonard de Vinci.


La plupart d'entre vous le souhaite.

Nous avons actuellement plusieurs pistes de travail pour établir une véritable collaboration avec de grandes Universités du Département, et même en dehors du département.
Les plus grandes écoles sont également volontaires. Et je pense tout particulièrement à Sciences Po qui a mis en place un système exemplaire de discrimination positive. Pourquoi ne pas travailler avec eux dans cette voie.

Naturellement, vous comprendrez que les discussions prennent un peu de temps. Il faut vaincre d'anciennes réticences. Et je ne souhaite pas que Léonard de Vinci soit simplement considéré comme un bâtiment de qualité, disponible, totalement payé par le conseil général.

Je souhaite par ailleurs que le Pôle soit un lieu d'accueil pour la recherche.

Le président chargé de la recherche et de l'enseignement supérieur, F. CHOISEL m'a proposé de développer ici un pôle d'Intelligence économique. C'est probablement une voie d'avenir à creuser avec les entreprises.

Vous le savez, je crois beaucoup à la nécessité de lancer dans notre département un ou plusieurs pôles de compétitivité.

Par exemple, à Fontenay aux Roses, je sais qu'il y a matière à constituer un pôle avec le CEA et l'Université de Paris XI autour de la réhabilitation des anciens locaux de l'Ecole Normale supérieure.

Dans le même esprit, nous pouvons réfléchir à la création d'un pôle de compétitivité à la Défense dont le coeur pourrait être situé au pôle Léonard de Vinci. Il y a plusieurs voies possibles : l'intelligence économique, la communication et l'image ou encore la gestion des risques.

Je vous propose de nommer un chargé de projet sur cette question afin de vous présenter des propositions précises au mois de janvier lors des conclusions des Etats généraux.

La question de l'enseignement supérieur et de la recherche est essentielle. Vous le savez, j'ai confié à F. CHOISEL, la mission de réfléchir à cette question. Je vous propose qu'il nous présente ses conclusions lors d'une prochaine réunion du Conseil général en décembre ou en janvier.

Mesdames et Messieurs, vous le constatez, il faut être pragmatique. Ce projet, nous devons le mener sur les trois prochaines années. Des écoles sont installées. Des étudiants se sont investis dans un cursus scolaire. Nous devons attendre que les baux arrivent à leur terme. Pour autant, dès la prochaine rentrée, je puis vous assurer que le projet sera engagé.

Je ne souhaite pas que notre débat se résume à un enjeu financier mais à un enjeu humain. Si nous devons dépenser autant pour donner une chance à un jeune de réussir dans la vie et de devenir un exemple pour tous les jeunes de la cité. Alors, je crois qu'il ne faut pas hésiter à mettre les moyens pour expérimenter une nouvelle voie.

Je vous remercie.

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