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Mercredi 03 décembre 2008

92 - Conseil général des Hauts-de-Seine

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LA DÉFENSE JAZZ FESTIVAL

Yaron Herman en trio tonique


Enfin l'été ! Sur l'esplanade de La Défense, il est pile au rendez-vous de cette semaine de jazz à la carte : libre, en plein air et gratuit. Supplément de soleil jeudi 26, entre midi et deux, avec le trio du pianiste Yaron Herman.

Après une première apparition remarquée en 2005, lors du concours national de jazz de La Défense, Yaron Herman revenait sur l'esplanade en équipage. Et quel équipage ! Simon Tailleu à la contrebasse (un bras digne d'une finale à Wimbledon !), pas pour tenir la baraque mais plutôt pour y mettre le feu. Et Tommy Crane à la batterie, en artificier pyromane. À l'image de cet incroyable lieu, scène ouverte sur des kilomètres de ville, Yaron Herman impressionne d'énergie et de liberté. Dès le premier thème, Army of Me de Björk, l'un de ces nouveaux standards que la jeune génération, nourrie à l'histoire du jazz, enrôle pour l'enrichir, il est raconteur de saga, le corps tout entier habité par les mondes qu'il nous livre, sans rien cacher. Émerveillé comme un enfant par une dissonance, piochant d'un doigt au fond d'un accord pour en goûter un supplément de gourmandise. Ici, fragile, une émotion naît derrière le bois de la contrebasse, sous les feuillages de la batterie, et le trio la débusque, la cajole, la fait grandir... Pour l'emmener avec nous, puissante, jubilatoire, là où jamais elle n'aurait pu aller sans eux.

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Yaron Herman : jubilatoire !

Évidemment, avec de pareils arguments, le pari du festival est gagné ! On fidélise les connaisseurs, en place aux premiers tours de clé de l'accordeur. On convainc les promeneurs de hasard – à ma droite un étudiant italien ; devant, deux touristes japonaises balançant en rythme des épaules soigneusement protégées ; en tête de rangée, un couple de seniors américains qui a fait le détour. Et l'on séduit celui qui n'y pensait pas ou celle qui n'a pas le temps, ce public qui s'ignorait, descendu des bureaux l'espace d'une pause et qui la fait durer, les yeux grands ouverts, le sourire aux lèvres.
Un public pris aux tripes et à l'intelligence par un jazz, alliance rare, à la fois subtil et immédiat. À la fin d'un programme tellement brûlant qu'on aurait pu croire qu'après ça, rien n'était possible, personne n'a voulu laisser partir ce fabricant d'euphorie. Alors boisson forte et navigation houleuse en rappel, Message in a Bottle de Police, où Yaron Herman joue en clin d'œil avec le thème jusqu'à cette transe qui n'appartient qu'à lui. On dit de certains moments qu'ils sont plus exacts que d'autres : ce concert en était un. Autour d'un musicien doté du privilège, inestimable, de nous rendre meilleurs.

Didier Lamare

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À lire : l'interview d'Aron Herman
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